Art Estampe : le rôle de l'estampe et de la lithographie


Le rôle de l'estampe

Un rôle majeur dans l'histoire de l'art
Multiplier n'est pas nier l'art. Les œuvres les plus fameuses ont acquis leur renommée sur la multiplication dont elle furent l'objet. C'est grâce à elle que l'art s'est largement diffusé, est entré dans tous les foyers et la mémoire collective.
Déjà au XVe-XVIe siècle, l’estampe s’impose notamment grâce aux nombreux chefs d’œuvres de Dürer, Rembrandt, Cranach ou Holbein qui pratiquaient en particulier la gravure sur bois ou au burin, c'était là le seul moyen pour diffuser leur art.
Depuis la fin du XIXème siècle, les peintres impressionnistes puis modernes ont permis à l’estampe de retrouver un rôle majeur dans l’évolution de l’art. Au XXème siècle, il n'est pas de grand artiste (Picasso, Chagall, Matisse, Miro, Braque Dubuffet, Alechinsky, Barcelo, Tapies...) qui n'ait abordé le domaine de l'estampe, parce qu'il y trouve un territoire favorable à ses jubilations d'images, au plaisir de jouer avec la technique.
C'est aussi pour de jeunes artistes, un excellent moyen de divulgation de leur œuvre.

Un rôle important dans le désir d'expérimentation des artistes
Dès l'apparition des premières techniques de l'estampe (le burin et la gravure sur bois au XVème et XVIème siècle), puis à chaque apparition d'une nouvelle technique majeure (la lithographie au XIXème siècle, la sérigraphie au XXème siècle, l'estampe numérique au XXIème siècle), l'artiste investit de nouveaux champs d'expérimentation aux possibilités infinies. Ainsi naissent de nouvelles créations qui viennent nourrir et enrichir son expression artistique.
Toulouse Lautrec illustre bien ce propros pour son époque : il consacra à l’estampe une grande partie de sa recherche, il trouva au travers de la lithographie les plus belles mises en page et des moyens picturaux nouveaux. Sans doute Toulouse-Lautrec ne serait pas Toulouse-Lautrec sans les affiches lithographiques qui l'ont rendu si célèbre et qui ont influencé son œuvre peinte ?
Dans l’estampe contemporaine, les artistes peuvent mêler entre eux tous les procédés d'impression connus, de la gravure sur bois aux procédés numériques.
Le rôle de l'imprimeur est toujours essentiel, car c'est lui qui accompagne le travail de création et permet à l'artiste d'aller plus loin dans ses recherches et expérimentations.

Les premiers achats du collectionneur
L'estampe est cent fois ou mille fois moins chère qu'un tableau ! Elle permet à tous par son prix relativement modeste de se faire plaisir et de posséder une œuvre d'art originale signée et numérotée par les artistes les plus importants du XVIème au XXIème siècle.
L'estampe est le premier achat du collectionneur débutant juste après le livre d'art, puis ses goûts et ses moyens évoluant, il s'oriente vers des œuvres plus importantes.
Qui peut aujourd’hui acheter une huile sur toile ou un dessin de Rembrandt ou de Picasso ? Seuls un musée ou un grand collectionneur en ont les moyens. Il est pourtant possible d’acquérir une estampe originale de Rembrandt ou de Picasso pour quelques milliers d’euros parce que ce ne sont pas des œuvres uniques mais des multiples dont le prix est fonction de la qualité et de la rareté.
FAQ : quels sont les critères qui définissent le prix d’une estampe ?
L’artiste n’est pas un artisan, et le prix à payer pour son œuvre n’est pas fonction du temps passé à la concevoir ou de la complexité de la technique.
Naturellement, un éditeur ou un marchand essayera d’assortir le prix d’une estampe par rapport au prix de tel tableau ou gouache du même artiste afin que ce prix soit cohérent. D’une manière générale, le seul critère devrait être celui du marché c’est à dire de l’offre et de la demande.
FAQ : quels sont les conseils pour le nouveau collectionneur et les pièges à éviter ?
Le choix d'une œuvre est avant tout un coup de cœur... mais le nom de l'artiste est le premier critère pour juger de l'intérêt d'une estampe. Consulter le catalogue raisonné chaque fois qu'il existe et vérifier ensuite la côte de l'artiste.
Mais il y a une multitude d'autres éléments d'appréciation : la date d'éxécution, Il faut éviter les tirages posthumes qui n'ont qu'un intérêt décoratif et s'apparentent davantage à une reproduction de qualité qu'à une estampe (Dali, Lautrec, Matisse, Picasso, Chagall...). Comme pour un tableau, la qualité du sujet et la composition sont essentiels.
Il faut enfin vérifier l'état de conservation : les marges coupées, les traces d'encadrement, le papier insolé, les couleurs défraichies sont des défauts dont il faut tenir compte.
Il faut veiller enfin à ce que la signature soit authentique, et déjouer les faux. Généralement, seules les signatures importantes sont imitées par les faussaires.
De nos jours beaucoup de fausses signatures apposées sur des estampes à l'origine non signées et provenant de livres (Dali, Matisse, Picasso, Chagall, Miro...), ou de fausses estampes circulent sur les sites d'enchères en ligne, délivrées avec des certificats d'authenticité de complaisance qui n'engagent que leur auteur ! La provenance de l'estampe et le nom du vendeur sont ici des critères dont il faut tenir compte. Avant tout, méfiez-vous des "bonnes affaires".

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